Vu que je n'en connaissais aucun, voilà ce que j'ai pu collecter pour en avoir un bon point de vue). Dans l'ordre :
PS : Et VOUS, quelle est votre opinion sur ces mangas de la créatrice de Nana ?
Je ne suis pas un ange
Last Quarter
Gokinjo - Une vie de quartier
Paradise Kiss
Last Quarter
Gokinjo - Une vie de quartier
Paradise Kiss
Je ne suis pas un ange ( http://www.akata.fr/)
Je ne suis pas un ange est le premier manga d'Aï Yazawa a avoir connu le succès. C'est avec ce titre que le public japonais a commencé à être séduit par une artiste dont le talent, allait par la suite faire évoluer le shôjo.
L'histoire, qui est avant tout une histoire d'amour et d'amitié, se déroule sur près de 2 ans et demie avec comme personnage principal une jeune lycéenne du nom de Midori Saejima. On y découvre sa vie, ses amours et ses amitiés. Même les personnages secondaires, tous très attachants, ont une place importante dans le récit.
Ce manga peut sembler très classique dans son contexte narratif écolier, mais grâce à des personnages justes et touchants, Yazawa conquiert son public. Que d'émotion à les voir grandir et évoluer au fur et à mesure que l'histoire avance ! Nombreux sont les japonais qui considèrent cette série comme l'une de celles qui les ont le plus marqués.
Last Quarter (http://www.akata.fr/)
Mizuki, lycéenne de 17 ans, tombe sous le charme d'Adam, un étrange musicien anglais parlant le japonais, et décide de tout quitter pour le suivre. Or, elle est victime d'un accident de voiture sur leur lieu de rendez-vous, à Shibuya, en pleine nuit. Parallèlement, Hotaru, une petite fille encore en école primaire est hospitalisée après avoir été renversée elle aussi, tandis qu'elle cherchait son chat. Les deux filles se rencontrent en rêve. puis dans la réalité. Mais Hotaru est bel et bien guérie et sortie de l'hôpital, alors que Mizuki a complètement perdu la mémoire et est enfermée dans la maison où elle a vécu une semaine avec Adam, sans pouvoir en sortir. Commence alors pour Hotaru et ses amis d'école une grande enquête : qui est cette jeune fille enfermée dans la maison ? Pourquoi est-elle enfermée ? Pourquoi Hotaru est-elle la seule à pouvoir la voir ? Qui est ce fameux Adam ?
Alors qu'Ai Yazawa avait habitué ses lecteurs aux comédies lycéennes, elle entame avec Last Quarter un tournant majeur dans sa carrière. Effectivement, alors que Gokinjo et Je ne suis pas un ange se caractérisaient par leurs personnages positifs et pétillants, l'ambiance de Last Quarter va très vite tomber dans la nostalgie et le désespoir. En ce sens, ce manga pose donc les bases de Nana. Mais ce n'est pas tout. Car avec son propos sur la famille, l'enfance, l'amour et la mort, le tout teinté par une ambiance musicale anglo-saxonne, Last Quarter s'impose comme le manga le plus subtilement révolté d'Ai Yazawa. Un coup de génie, tout simplement !
Anecdote : Un film live avec le chanteur d'Arc-En-Ciel a été tié au japon. Le bassiste du groupe a écrit la musique de Glamorous Sky, single du film live d'un autre manga d'Ai Yazawa, Nana !
Gokinjo - Une vie de quartier (www.krinein.com)
Cette jolie blondinette à l'air franchement pas sympa est l'héroïne de Gokinjo, la série relatant l'adolescence de Mikako. Si vous avez lu Paradise Kiss, alors son joli petit minois ne vous est pas inconnu car il s'agit de la grande soeur de Miwako mais aussi de la styliste de la célèbre marque Happy Berry. Mais avant d'arriver jusqu'aux marches de la gloire et de la reconnaissance, le chemin fut long pour Mikako.
L'adolescence est une période importante et douloureuse surtout au niveau sentimental. C'est pourquoi Tsutomu et Mikako semblent s'éloigner inexorablement l'un de l'autre. En effet, ces deux-là sont amis d'enfance, voisins de palier et fréquentent en plus la même école d'art. En clair, ils sont constamment l'un sur l'autre et s'étouffent. Alors pour renouveler son oxygène, Tsutomu va voir ailleurs et joue de sa popularité auprès des filles grâce à son petit air de ressemblance avec une célébrité. Mais finalement, la fuite en avant n'est pas la meilleure des solutions et ses sentiments pour Mikako ont tôt fait de le rattraper. De son côté, la blondinette ne semble pas être sur la même longueur d'onde que lui et a bien du mal à faire la différence entre amour et amitié. Enfin qu'importe car pour l'instant, son objectif premier est de faire ses premiers pas dans le monde de la mode, grâce à sa marque hybride : Happy Berry. Avec un petit groupe d'amis, aussi sympathique qu'hétéroclite, les jeunes talents se réunissent pour créer une association connue sous le nom d'Akindo. L'occasion pour ces artistes en herbe de se faire connaître dans leurs différents domaines de prédilection. Mais un tel regroupement a tôt fait de faire naître différents sentiments : amitié bien sûr mais aussi amour et rivalité.
Autant vous prévenir d'entrée : ne vous attendez pas à retrouver la même qualité scénaristique que Nana avec Gokinjo. La comparaison serait même stupide car Gokinjo est issu du Ribon, un magazine destiné à un public écolier voire jeunes collégiens. C'est donc en connaissance de cause qu'il faut lire ce manga au risque d'être fortement déçu dans le cas contraire. Ceci dit, il faut avouer que Gokinjo tire plutôt bien son épingle du jeu. Même si Ai Yazawa s'adapte à la tranche d'âge son lectorat, elle y incère tout de même certains éléments cruels et durs heureusement compensés par le côté édulcoré de l'oeuvre. Gokinjo aurait pu être une oeuvre naïve et niaise mais s'avère tout simplement rafraîchissante. On sent même déjà la tendance de la mangaka à faire en sorte que tout ne soit pas rose dans ce qu'elle dépeint. Et en effet, certains de ces personnages se verront infliger une petite leçon de vie qui les fera évoluer ou du moins réfléchir. Côté sombre mis à part, la bonne humeur domine dans ce manga où les situations comiques foisonnent toujours signées de l'humour mordant Ai Yazawa. Chaque protagoniste apporte sa pierre à l'édifice marquant le manga de sa présence et de sa petite touche personnelle. Même si certains sont relégués à l'arrière plan, on ne peut que trouver cette jolie palette de personnages attendrissante et attachante. Tous ces éléments habilement mélangés font donc de Gokinjo une comédie sentimentale aussi mignonne qu'explosive qui se savoure tranquillement. Avouez que ce serait dommage de s'en priver.
Et comme il est bon de retrouver le dessin d'Ai Yazawa, Gokinjo nous permet de découvrir un style plus ancien et donc pas dénué de défaut certes, mais qui nous montre que l'auteur avait déjà à l'époque un bon coup de crayon qui ne demandait qu'à évoluer. Preuve est faite, entre chaque volume le trait s'affine et s'affûte et l'on commence à y voir un début d'esquisse du style que la mangaka adoptera plus tard avec Nana et Paradise Kiss. D'ailleurs avec Gokinjo sa charte graphique est toujours le même : un découpage des planches bien personnel, des cadrages appropriés pour renforcer l'émotion et toujours de magnifiques plans sur les visages. Malgré quelques défauts, Ai Yazawa a apporter comme d'habitude un soin particulier à peaufiner jusque dans les moindres détails Gokinjo, manga qui reste sa dernière longue oeuvre publié dans le Ribon.
Akata-Delcourt a fait le pari risqué d'éditer Gokinjo, une oeuvre plus vieille et peut-être plus difficile à traduire que Nana ou Paradise Kiss. Pourquoi ? Et bien parce qu'un bon nombre de subtilités passe par l'emploi des suffixes japonais (-san, -kun, -chan et compagnie) et l'éditeur a été confronté à un choix difficile. L'éditeur a donc décidé de garder tous ces suffixes ce qui n'est pas un mal étant donné qu'il nous gratifie une fois de plus de son habituel lexique détaillé et fourni en fin de volume. L'édition globale de Gokinjo est quant à elle tout aussi bonne que la traduction, Akata-Delcourt fait bien les choses avec une couverture sympathique (malgré le dessin pas trop attrayant), une adaptation graphique de qualité et une impression plutôt bonne. L'encrage se fait même plus habile que sur certaines oeuvres même s'il s'avère des fois légèrement trop sombres, les anciennes erreurs de l'éditeur ne se répètent pas toujours, tant mieux. Bref, on est bien content que l'avenir de Gokinjo soit passé à travers les mains d'Akata-Delcourt qui soigne et chouchoute ce manga pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.
Pour conclure... Gokinjo c'est sain, c'est frais et c'est vitaminé en plus alors n'hésitez plus et mangez-en ! La série ne comptant que sept volumes ce serait bien dommage de laisser passer cette petite douceur, n'est-ce pas ?
Paradise Kiss
On avait découvert la passion musicale d'Ai Yazawa dans Nana; on découvrira cette fois-ci son goût pour l'univers impitoyable de la mode avec Paradise Kiss. Spin off de Gokinjo, une vie de quartier, le manga possède tous les atouts pour réussir : ceux déjà entrevus dans les précédentes de oeuvres de la mangaka. Petite anecdote, ce manga n'a pas été publié dans un des grands magazines de prépublication japonais mais dans un magazine de mode féminin. Possédant un humour certain, un personnage principal qui possède tous les attributs de la femme moderne, un univers rocambolesque organisé autour d'une histoire flirtant entre amour et disputes pour la jeune Yukari. Pour elle, la découverte du monde de la mode va être un chamboulement pour toute sa vie...
Un petit air de paradis
Yukari Hayasaka est une jeune lycéenne stressée par ses examens d'entrée à l'université, ses notes dégringolent, ses relations familiales en pâtissent, son moral en prend un coup, surtout lorsque le garçon qu'elle aime la remarque à peine. Jusque là, le manga fleure bon le shôjo classique mais la suite est d'un autre calibre car quatre jeunes étudiants de l'institut de mode Yaz'art vont modifier à tout jamais sa vie. George, Miwako, Isabella et Arashi vont trouver en elle le mannequin parfait qui pourrait porter leurs vêtements extravagants dignes des plus grands délires des créateurs actuels, autant dire que Jean-Paul Gaultier ne renierait pas de voir défiler. Ces quatre personnages étudiants en mode tout droit tirés de l'imagination farfelue d'une mangaka en plein délire vont amener Yukari dans un autre univers que celui des études pour le meilleur et pour le pire. Progressivement, Yukari va développer l'ambition qui lui manquait et apprendre à apprécier ces êtres, et en particulier un, tout en gardant à l'esprit que ce monde possède une double facette montrant que la beauté artificielle côtoie la cruauté de la réalité à chaque seconde...
Si le personnage féminin de Yukari est une combinaison réussie des comportements des deux Nana du manga éponyme, la mangaka crée avec succès des personnages secondaires savoureux qui prennent un malin plaisir à embarquer le scénario toujours plus loin dans l'absurde mais aussi la tendresse, la cruauté, l'amour, etc... Paradise Kiss est un mélange brut d'émotions qui prend son essor dès les premiers instants pour ne retomber que très rarement dans les platitudes. La qualité du récit commence à devenir une habitude chez la mangaka qui s'illustre toujours par d'excellentes transitions mais la grande force de Yazawa se situe dans les répliques au tac au tac qu'elle parvient à insuffler à ses personnages. Le quatuor totalement déjanté de passionnés de mode, aussi différents que complémentaires, rend l'oeuvre radicalement orientée humoristique. A l'inverse, la relation passionnée entre Yukari et son prince charmant s'avère être cyclonique : beaucoup de disputes orageuses avec un profond fond d'amour dans lequel subsistent d'étranges accalmies.
Aï Yazawa... parce qu'elle le vaut bien
Le scénario est bien moins compliqué que celui de Nana mais pouvait-on en demander plus en cinq volumes ? Les rebondissements sont largement à la hauteur et la fin totalement inattendue (mais légèrement tronquée) s'annonce comme une sorte de prélude au dénouement de l'oeuvre principale de la mangaka entre drame et joie. Si le début de l'intrigue est simple, les relations se mêlent, se démêlent, s'entremêlent pour arriver à un point où chaque arrivée d'un nouveau protagoniste ou la moindre phrase d'un personnage peut provoquer un irrémédiable changement.
La mangaka nous régale encore de son trait superbement représentatif pour une oeuvre consacré à la mode, on a vraiment l'impression d'être immergé en plein milieu créatif tout en gardant la fraîcheur étudiante. Les habits se devaient d'être à l'honneur et force est d'avouer que Yazawa parvient à conserver son imagination fertile pour proposer sans cesse des pièces à la fois somptueuses et extravagantes, magiques et irréelles. Pourtant, n'espérez pas apprendre quoique ce soit sur le milieu de la mode car Paradise Kiss se révèle être orientée totalement divertissant donc pas de description approfondie du métier de mannequin ou autre, seul un survol rapide explique la situation de Yukari pour son « métier passion ».
Paradise Kiss prouve le savoir-faire de la Aï Yazawa en terme de shôjo. La recette reprend les arguments qui ont fait de Nana un succès incontestable tout en l'agrémentant de petits revirements dont seule la mangaka connaît le secret. Une oeuvre saisissante un poil moins intense que Nana, sûrement en raison de son faible nombre de volumes, qui se permet le luxe de s'offrir une superbe édition avec quelques pages couleur. Que demander de plus ?
Je ne suis pas un ange est le premier manga d'Aï Yazawa a avoir connu le succès. C'est avec ce titre que le public japonais a commencé à être séduit par une artiste dont le talent, allait par la suite faire évoluer le shôjo.
L'histoire, qui est avant tout une histoire d'amour et d'amitié, se déroule sur près de 2 ans et demie avec comme personnage principal une jeune lycéenne du nom de Midori Saejima. On y découvre sa vie, ses amours et ses amitiés. Même les personnages secondaires, tous très attachants, ont une place importante dans le récit.
Ce manga peut sembler très classique dans son contexte narratif écolier, mais grâce à des personnages justes et touchants, Yazawa conquiert son public. Que d'émotion à les voir grandir et évoluer au fur et à mesure que l'histoire avance ! Nombreux sont les japonais qui considèrent cette série comme l'une de celles qui les ont le plus marqués.
Last Quarter (http://www.akata.fr/)
Mizuki, lycéenne de 17 ans, tombe sous le charme d'Adam, un étrange musicien anglais parlant le japonais, et décide de tout quitter pour le suivre. Or, elle est victime d'un accident de voiture sur leur lieu de rendez-vous, à Shibuya, en pleine nuit. Parallèlement, Hotaru, une petite fille encore en école primaire est hospitalisée après avoir été renversée elle aussi, tandis qu'elle cherchait son chat. Les deux filles se rencontrent en rêve. puis dans la réalité. Mais Hotaru est bel et bien guérie et sortie de l'hôpital, alors que Mizuki a complètement perdu la mémoire et est enfermée dans la maison où elle a vécu une semaine avec Adam, sans pouvoir en sortir. Commence alors pour Hotaru et ses amis d'école une grande enquête : qui est cette jeune fille enfermée dans la maison ? Pourquoi est-elle enfermée ? Pourquoi Hotaru est-elle la seule à pouvoir la voir ? Qui est ce fameux Adam ?
Alors qu'Ai Yazawa avait habitué ses lecteurs aux comédies lycéennes, elle entame avec Last Quarter un tournant majeur dans sa carrière. Effectivement, alors que Gokinjo et Je ne suis pas un ange se caractérisaient par leurs personnages positifs et pétillants, l'ambiance de Last Quarter va très vite tomber dans la nostalgie et le désespoir. En ce sens, ce manga pose donc les bases de Nana. Mais ce n'est pas tout. Car avec son propos sur la famille, l'enfance, l'amour et la mort, le tout teinté par une ambiance musicale anglo-saxonne, Last Quarter s'impose comme le manga le plus subtilement révolté d'Ai Yazawa. Un coup de génie, tout simplement !
Anecdote : Un film live avec le chanteur d'Arc-En-Ciel a été tié au japon. Le bassiste du groupe a écrit la musique de Glamorous Sky, single du film live d'un autre manga d'Ai Yazawa, Nana !
Gokinjo - Une vie de quartier (www.krinein.com)
Cette jolie blondinette à l'air franchement pas sympa est l'héroïne de Gokinjo, la série relatant l'adolescence de Mikako. Si vous avez lu Paradise Kiss, alors son joli petit minois ne vous est pas inconnu car il s'agit de la grande soeur de Miwako mais aussi de la styliste de la célèbre marque Happy Berry. Mais avant d'arriver jusqu'aux marches de la gloire et de la reconnaissance, le chemin fut long pour Mikako.
L'adolescence est une période importante et douloureuse surtout au niveau sentimental. C'est pourquoi Tsutomu et Mikako semblent s'éloigner inexorablement l'un de l'autre. En effet, ces deux-là sont amis d'enfance, voisins de palier et fréquentent en plus la même école d'art. En clair, ils sont constamment l'un sur l'autre et s'étouffent. Alors pour renouveler son oxygène, Tsutomu va voir ailleurs et joue de sa popularité auprès des filles grâce à son petit air de ressemblance avec une célébrité. Mais finalement, la fuite en avant n'est pas la meilleure des solutions et ses sentiments pour Mikako ont tôt fait de le rattraper. De son côté, la blondinette ne semble pas être sur la même longueur d'onde que lui et a bien du mal à faire la différence entre amour et amitié. Enfin qu'importe car pour l'instant, son objectif premier est de faire ses premiers pas dans le monde de la mode, grâce à sa marque hybride : Happy Berry. Avec un petit groupe d'amis, aussi sympathique qu'hétéroclite, les jeunes talents se réunissent pour créer une association connue sous le nom d'Akindo. L'occasion pour ces artistes en herbe de se faire connaître dans leurs différents domaines de prédilection. Mais un tel regroupement a tôt fait de faire naître différents sentiments : amitié bien sûr mais aussi amour et rivalité.
Autant vous prévenir d'entrée : ne vous attendez pas à retrouver la même qualité scénaristique que Nana avec Gokinjo. La comparaison serait même stupide car Gokinjo est issu du Ribon, un magazine destiné à un public écolier voire jeunes collégiens. C'est donc en connaissance de cause qu'il faut lire ce manga au risque d'être fortement déçu dans le cas contraire. Ceci dit, il faut avouer que Gokinjo tire plutôt bien son épingle du jeu. Même si Ai Yazawa s'adapte à la tranche d'âge son lectorat, elle y incère tout de même certains éléments cruels et durs heureusement compensés par le côté édulcoré de l'oeuvre. Gokinjo aurait pu être une oeuvre naïve et niaise mais s'avère tout simplement rafraîchissante. On sent même déjà la tendance de la mangaka à faire en sorte que tout ne soit pas rose dans ce qu'elle dépeint. Et en effet, certains de ces personnages se verront infliger une petite leçon de vie qui les fera évoluer ou du moins réfléchir. Côté sombre mis à part, la bonne humeur domine dans ce manga où les situations comiques foisonnent toujours signées de l'humour mordant Ai Yazawa. Chaque protagoniste apporte sa pierre à l'édifice marquant le manga de sa présence et de sa petite touche personnelle. Même si certains sont relégués à l'arrière plan, on ne peut que trouver cette jolie palette de personnages attendrissante et attachante. Tous ces éléments habilement mélangés font donc de Gokinjo une comédie sentimentale aussi mignonne qu'explosive qui se savoure tranquillement. Avouez que ce serait dommage de s'en priver.
Et comme il est bon de retrouver le dessin d'Ai Yazawa, Gokinjo nous permet de découvrir un style plus ancien et donc pas dénué de défaut certes, mais qui nous montre que l'auteur avait déjà à l'époque un bon coup de crayon qui ne demandait qu'à évoluer. Preuve est faite, entre chaque volume le trait s'affine et s'affûte et l'on commence à y voir un début d'esquisse du style que la mangaka adoptera plus tard avec Nana et Paradise Kiss. D'ailleurs avec Gokinjo sa charte graphique est toujours le même : un découpage des planches bien personnel, des cadrages appropriés pour renforcer l'émotion et toujours de magnifiques plans sur les visages. Malgré quelques défauts, Ai Yazawa a apporter comme d'habitude un soin particulier à peaufiner jusque dans les moindres détails Gokinjo, manga qui reste sa dernière longue oeuvre publié dans le Ribon.
Akata-Delcourt a fait le pari risqué d'éditer Gokinjo, une oeuvre plus vieille et peut-être plus difficile à traduire que Nana ou Paradise Kiss. Pourquoi ? Et bien parce qu'un bon nombre de subtilités passe par l'emploi des suffixes japonais (-san, -kun, -chan et compagnie) et l'éditeur a été confronté à un choix difficile. L'éditeur a donc décidé de garder tous ces suffixes ce qui n'est pas un mal étant donné qu'il nous gratifie une fois de plus de son habituel lexique détaillé et fourni en fin de volume. L'édition globale de Gokinjo est quant à elle tout aussi bonne que la traduction, Akata-Delcourt fait bien les choses avec une couverture sympathique (malgré le dessin pas trop attrayant), une adaptation graphique de qualité et une impression plutôt bonne. L'encrage se fait même plus habile que sur certaines oeuvres même s'il s'avère des fois légèrement trop sombres, les anciennes erreurs de l'éditeur ne se répètent pas toujours, tant mieux. Bref, on est bien content que l'avenir de Gokinjo soit passé à travers les mains d'Akata-Delcourt qui soigne et chouchoute ce manga pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.
Pour conclure... Gokinjo c'est sain, c'est frais et c'est vitaminé en plus alors n'hésitez plus et mangez-en ! La série ne comptant que sept volumes ce serait bien dommage de laisser passer cette petite douceur, n'est-ce pas ?
Paradise Kiss
On avait découvert la passion musicale d'Ai Yazawa dans Nana; on découvrira cette fois-ci son goût pour l'univers impitoyable de la mode avec Paradise Kiss. Spin off de Gokinjo, une vie de quartier, le manga possède tous les atouts pour réussir : ceux déjà entrevus dans les précédentes de oeuvres de la mangaka. Petite anecdote, ce manga n'a pas été publié dans un des grands magazines de prépublication japonais mais dans un magazine de mode féminin. Possédant un humour certain, un personnage principal qui possède tous les attributs de la femme moderne, un univers rocambolesque organisé autour d'une histoire flirtant entre amour et disputes pour la jeune Yukari. Pour elle, la découverte du monde de la mode va être un chamboulement pour toute sa vie...
Un petit air de paradis
Yukari Hayasaka est une jeune lycéenne stressée par ses examens d'entrée à l'université, ses notes dégringolent, ses relations familiales en pâtissent, son moral en prend un coup, surtout lorsque le garçon qu'elle aime la remarque à peine. Jusque là, le manga fleure bon le shôjo classique mais la suite est d'un autre calibre car quatre jeunes étudiants de l'institut de mode Yaz'art vont modifier à tout jamais sa vie. George, Miwako, Isabella et Arashi vont trouver en elle le mannequin parfait qui pourrait porter leurs vêtements extravagants dignes des plus grands délires des créateurs actuels, autant dire que Jean-Paul Gaultier ne renierait pas de voir défiler. Ces quatre personnages étudiants en mode tout droit tirés de l'imagination farfelue d'une mangaka en plein délire vont amener Yukari dans un autre univers que celui des études pour le meilleur et pour le pire. Progressivement, Yukari va développer l'ambition qui lui manquait et apprendre à apprécier ces êtres, et en particulier un, tout en gardant à l'esprit que ce monde possède une double facette montrant que la beauté artificielle côtoie la cruauté de la réalité à chaque seconde...
Si le personnage féminin de Yukari est une combinaison réussie des comportements des deux Nana du manga éponyme, la mangaka crée avec succès des personnages secondaires savoureux qui prennent un malin plaisir à embarquer le scénario toujours plus loin dans l'absurde mais aussi la tendresse, la cruauté, l'amour, etc... Paradise Kiss est un mélange brut d'émotions qui prend son essor dès les premiers instants pour ne retomber que très rarement dans les platitudes. La qualité du récit commence à devenir une habitude chez la mangaka qui s'illustre toujours par d'excellentes transitions mais la grande force de Yazawa se situe dans les répliques au tac au tac qu'elle parvient à insuffler à ses personnages. Le quatuor totalement déjanté de passionnés de mode, aussi différents que complémentaires, rend l'oeuvre radicalement orientée humoristique. A l'inverse, la relation passionnée entre Yukari et son prince charmant s'avère être cyclonique : beaucoup de disputes orageuses avec un profond fond d'amour dans lequel subsistent d'étranges accalmies.
Aï Yazawa... parce qu'elle le vaut bien
Le scénario est bien moins compliqué que celui de Nana mais pouvait-on en demander plus en cinq volumes ? Les rebondissements sont largement à la hauteur et la fin totalement inattendue (mais légèrement tronquée) s'annonce comme une sorte de prélude au dénouement de l'oeuvre principale de la mangaka entre drame et joie. Si le début de l'intrigue est simple, les relations se mêlent, se démêlent, s'entremêlent pour arriver à un point où chaque arrivée d'un nouveau protagoniste ou la moindre phrase d'un personnage peut provoquer un irrémédiable changement.
La mangaka nous régale encore de son trait superbement représentatif pour une oeuvre consacré à la mode, on a vraiment l'impression d'être immergé en plein milieu créatif tout en gardant la fraîcheur étudiante. Les habits se devaient d'être à l'honneur et force est d'avouer que Yazawa parvient à conserver son imagination fertile pour proposer sans cesse des pièces à la fois somptueuses et extravagantes, magiques et irréelles. Pourtant, n'espérez pas apprendre quoique ce soit sur le milieu de la mode car Paradise Kiss se révèle être orientée totalement divertissant donc pas de description approfondie du métier de mannequin ou autre, seul un survol rapide explique la situation de Yukari pour son « métier passion ».
Paradise Kiss prouve le savoir-faire de la Aï Yazawa en terme de shôjo. La recette reprend les arguments qui ont fait de Nana un succès incontestable tout en l'agrémentant de petits revirements dont seule la mangaka connaît le secret. Une oeuvre saisissante un poil moins intense que Nana, sûrement en raison de son faible nombre de volumes, qui se permet le luxe de s'offrir une superbe édition avec quelques pages couleur. Que demander de plus ?
PS : Et VOUS, quelle est votre opinion sur ces mangas de la créatrice de Nana ?
